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Après une première approche sur les enjeux et les bénéfices de la Responsabilité Sociétale des Entreprises, découvrez avec Bruno Morin, Responsable Développement et Coordinateur RSE pour l’agence Seine-Maritime Attractivité, les fondements de la notion : son origine, ses liens avec le Développement Durable, mais également les attendus – ou non – en termes de réglementation.

La RSE ? C’est avoir une vision stratégique pour son entreprise en se posant les questions sous un angle responsable et éthique

Quelle est son origine ?

C’est une notion qui s’est forgée au fil des années avec une première définition officielle en juillet 2001 édictée par la commission européenne, qui la précisait comme étant « l’intégration volontaire par les entreprises de préoccupations sociales et environnementales à leurs activités commerciales et leurs relations avec les parties prenantes. »

 

La publication de la norme ISO 26000 a ensuite modélisé la responsabilité sociétale à l’échelle mondiale en la définissant techniquement comme étant la responsabilité d’une organisation vis-à-vis des impacts de ses décisions et de ses activités sur la société et l’environnement. Cette norme offre l’avantage de fixer un cadre international qui permet aux entreprises de tout pays de parler le même langage. Elle offre plusieurs lignes directrices dont peuvent se servir les entreprises et les organisations pour favoriser la mise en œuvre de politique RSE.

 

Comment est-ce né ?

D’une part, il faut repartir aux origines de ce qu’est le développement durable. Il prend sa source dans différents textes et règlements internationaux comme le Sommet de la Terre à Rio en 1992 : à cette occasion on a admis pour la première fois que les sujets sociaux, environnementaux et économiques étaient interconnectés et qu’ils nécessitaient une approche globale. Tout ceci a été précisé ensuite lors d’évènements tels que le Sommet mondial sur le développement durable de Johannesburg ou la ratification des accords de Kyoto en 2005.

 

D’autre part, nous sommes tous habités par une vision du monde qui nous conduit à penser qu’un certain nombre de changements doivent s’opérer dans la société et qu’ils ne peuvent se faire sans les entreprises, qui ont un rôle clé dans nos organisations.

 

La question de la déclinaison des principes du développement durable au sein des entreprises s’est donc posée progressivement et a favorisé l’émergence de ce concept de responsabilité sociétale.

On recense 4 types de bénéfices : la réduction des coûts, la diminution des risques, l’augmentation du chiffre d’affaires et l’amélioration de la productivité

Aujourd’hui, où en est-on ?

Aujourd’hui, on ne demande plus tant aux entreprises de s’engager – même s’il reste beaucoup à faire – que de donner des preuves de leurs engagements. D’une façon générale, un certain nombre d’économistes tendent à penser que les entreprises qui ont un bénéfice et un profit pour elles-mêmes et pour la société, seront celles qui continueront à faire des profits demain.

Et c’est ce qui préside à cette notion de responsabilité sociétale, quand une entreprise ne peut plus performer dans son coin sans tenir compte des besoins et des attentes de ses principales parties prenantes.

Qu’est-ce-que l’on entend par parties prenantes ?

Une partie prenante, de façon générale, c’est tout acteur qui est en lien avec l’entreprise directement ou indirectement, que l’entreprise peut impacter par ses décisions ou son activité, ou qui peut impacter à son tour l’entreprise par son comportement et ses propres activités. C’est donc toute personne qui a un intérêt dans les décisions d’une entreprise et son organisation : les salariés, les actionnaires, les clients, les fournisseurs…

 

Puis le champ s’est élargi progressivement aux services de l’état, aux collectivités locales, aux concurrents, aux experts comptables, aux banques, aux ONG, aux médias et, bien évidemment, aux générations futures.

LA RSE ne se résume pas à quelques procédures, cela doit faire sens au sein de l’entreprise

Existe-t-il une reconnaissance pour les entreprises engagées dans une telle démarche ?

La RSE ne se certifie pas, cela n’existe pas, puisque lorsque la norme ISO 26000 a été discutée et élaborée par le comité iso, il a été convenu qu’il n’y avait pas à certifier la RSE : on ne peut pas dire que l’on atteint un niveau de performance en matière de responsabilité sociétale. La RSE, c’est un bateau qui vogue et c’est un voyage sans fin : on a toujours stratégiquement à s’améliorer.

Pour autant, un certain nombre d’organisations commerciales se sont positionnées pour proposer aux entreprises de se faire évaluer selon des outils calés sur la norme, ou de se faire labelliser par un certain nombre d’organisations. Mais cela n’est en aucun cas obligatoire.

 

J’insiste davantage sur la nécessité pour une entreprise de prendre le temps de s’interroger sur son fonctionnement et si elle a un intérêt particulier à se faire évaluer ou labelliser, notamment dans le cadre d’une contrainte d’un donneur d’ordres ou d’un client.

Existe-t-il un cadre légal ?

Depuis 2012 environ et l’apparition des lois Grenelle, on demandait à un certain nombre d’entreprises en France de pouvoir produire des données environnementales, sociales et de gouvernance dans des rapports RSE.

En 2017, une directive européenne a précisé les contours de la déclaration de performance extra-financière obligatoire pour une entreprise de plus de 500 personnes – hormis les SAS – dans laquelle l’entreprise précise ce qu’elle réalise et mais aussi ses objectifs et ses futurs engagements.

 

Mais cela ne se destine pas à la PME régionale. Ce qui importe pour les entreprises de cette taille-là, c’est de pouvoir mettre en place un plan d’actions très pratique, qui lui permet à terme de surperformer à la fois par la détection d’économies et la productivité complémentaire.

SAVE THE DATE

« Un des enjeux fondamentaux pour une entreprise, à travers la RSE, c’est de rendre le développement durable simple et désirable. Il faut arriver à décomplexifier les choses : c’est subtil, mais c’est pratique et accessible. Ce n’est pas que l’apanage des grands comptes. »

 

Bruno Morin interviendra lors du prochain webinaire partenaires « La Normandie, c’est… la RSE », le 30 avril prochain, à 9h. Comment lever les freins, quels leviers engager, quelles aides solliciter et pourquoi, tout simplement, intégrer les principes de la RSE au sein de son activité. Si vous êtes intéressés pour participer, n’hésitez pas à nous contacter : contact@normandie-attractivite.fr

 

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