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Cancer : des vertus de l’activité physique

30 minutes de marche active par jour et/ou 2h30 d’activité intense par semaine : ces recommandations, ce sont celles de l’Organisation Mondiale de la Santé pour diminuer les risques de développer une maladie chronique. Dans le cadre plus spécifique du cancer, l’activité physique adaptée est également fortement recommandée : en termes de prévention pour diminuer les risques de récidive et améliorer la qualité de vie, mais également comme soin de support, pour diminuer les symptômes, notamment la fatigue, le plus prégnant chez les patients.

L’activité physique : un traitement pour le corps et l’esprit

Diminution de la fatigue, des nausées, des vomissements, limitation de la prise d’anxiolytiques… La loi autorise désormais les médecins traitants à prescrire une activité physique adaptée dans le cadre du parcours de soins des patients atteints d’une affection de longue durée« Cette activité physique doit bien sûr être adaptée à la pathologie, aux capacités physiques et au risque médical » souligne Xavier Blaizot, coordonnateur du réseau OncoNormandie à Caen. Une prescription non médicamenteuse qui nécessite un examen complet des professionnels pour évaluer les limitations fonctionnelles. Pour développer particulièrement cet axe en Normandie, le réseau a mis en place il y a 7 ans le dispositif IMAPAC : Initier et Maintenir une activité physique avec un cancer, pendant ou après le traitement. « Il consiste à proposer un accompagnement par un coach sportif que l’on a formé, en lien avec les UFR Staps de Caen et de Rouen » explique Xavier Blaizot. Après un bilan, ces coachs spécialisés initient un programme sur six semaines, avec une progression en termes d’intensité et de fréquence. « C’est une donnée importante puisque l’on sait que l’intensité et la fréquence vont être corrélés à la qualité de vie. » En 7 ans1000 patients ont ainsi pu bénéficier de ce dispositif sur le territoire. « L’objectif, c’est que les patients continuent par eux-mêmes, à long terme. Nous avons un taux de maintien intéressant de l’ordre de 77% : on s’aperçoit que les personnes qui ont participé continuent de pratiquer une activité physique intense et fréquente un an après. » Une nouvelle hygiène de vie essentielle pour diminuer le risque de développer un second cancer.

Cancer : des vertus de l’activité physique

Prévenir les plus jeunes et les professionnels

Dans le cadre de son action dans le champ de la prévention, le réseau OncoNormandie a par ailleurs noué des partenariats avec le rectorat, pour intervenir dans le champ scolaire, au plus près des plus jeunes, plus à même de développer de bons réflexes sportifs. Au-delà du sport de compétition ou de loisirs, les fédérations sportives se sont, elles aussi, emparées du sujet pour développer le sport santé, en lien avec le réseau. « Nous formons des éducateurs afin qu’ils puissent apprendre à gérer les patients, le groupe, qu’ils sachent écouter, ou encore doser les efforts. » Actuellement, 250 coachs sont habilités sur le territoire. Le réseau pilote également l’opération Normandie Sporte contre le Cancer, développée en partenariat avec la Ligue contre le cancer. « C’est une opération de communication à la fois destinée aux professionnels dans les établissements qu’au grand public dans les centres-villes ». L’objectif ? Promouvoir l’activité physique des patients le plus largement possible. « Au-delà des bénéfices physiques, l’activité physique permet également d’améliorer l’image de soi, et de maintenir le lien social » insiste le coordonnateur.

 

DRAGON LADIES : Rencontre en vidéo avec Les Conquérantes du Calvados : des femmes atteintes du cancer ou l’ayant été, qui se regroupent tous les samedis pour faire du dragon boat. Une activité physique adaptée qui leur permet de lutter contre la maladie.

Bon à savoir :

Soins de support : Ce sont tous les soins proposés au patient qui ne sont pas liés au traitement direct de sa tumeur, c’est-à-dire les soins en dehors de la chirurgie, de la radiothérapie et de la chimiothérapie. Cela peut être l’activité physique, la prise en charge de la dénutrition, la prise en charge pour l’accompagnement social, psychologique, la prise en charge de la douleur, la prise en charge dans le cadre de la fertilité ou encore de l’onco-sexualité.

 

Fertilité et sexualité : Avant les traitements, un prélèvement d’ovocytes ou d’ovaires chez les femmes en âge de procréer, ou un prélèvement testiculaire pour les hommes atteints d’un cancer du testicule, peuvent être proposés, afin d’envisager un projet parental après le cancer. Un accompagnement existe également sur l’onco-sexualité, un sujet important mais souvent tabou, qui permet de délier les langues et d’améliorer la vie intime et la vie de couple, souvent très altérée par des problèmes physiques et psychologiques, notamment en termes d’estime et d’image de soi.

 

Prévention : Outre l’activité physique, le réseau travaille avec l’Ireps Normandie, association spécialisée dans l’éducation et la promotion de la santé, dans le cadre de la prévention contre le tabagisme. Les axes ? Remboursement des traitements substituts nicotiniques et manifestations pour favoriser l’arrêt du tabac.

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