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©David Morganti

Convaincu par les apports de la Responsabilité Sociétale des Entreprises, Bruno Morin a exercé les fonctions de Délégué Général du Réseau GRANDDE, avant de devenir Responsable Développement & Coordinateur RSE pour l’agence Seine-Maritime Attractivité. Parallèlement, il crée en 2018, ECOVOLUTION, bureau d’études en développement durable qui accompagne les entreprises et organisations normandes dans le management de la RSE.

Aujourd’hui, il décrypte pour nous la Responsabilité Sociétale des Entreprises.

C’est avoir une vision stratégique pour son entreprise en se posant les questions sous un angle responsable et éthique

LA RSE, C’est quoi ?

C’est la déclinaison des principes du Développement Durable à l’échelle d’une entreprise et d’une organisation. C’est-à-dire, selon moi, être économiquement performant tout en faisant preuve de précaution environnementale et d’équité sociale. On ne fait pas de la RSE sans le savoir : la RSE, c’est très subtil, c’est savoir ce que l’on ne fait pas ! C’est donc avoir une vision stratégique pour son entreprise en se posant les questions sous un angle responsable et éthique. C’est un engagement.

 

A qui cela s’adresse ?

Cela s’adresse à toutes les entreprises à partir du moment où elles commencent à avoir quelques salariés… mais également aux collectivités et associations. Il faut avoir une vision de cette thématique qui ne soit pas normative mais qui soit pratique pour en favoriser la prise en compte et la compréhension par l’ensemble des acteurs. Elle pose aussi la question des ressources, d’où la nécessité d’avoir une approche pragmatique. La RSE est un outil d’amélioration et de pilotage stratégique qui doit être adapté à la taille, les activités et les moyens de l’entreprise. Cela ne sert à rien d’appliquer un cadre contraignant à une entreprise de 25 personnes de la même manière qu’à un groupe de plus de 1000 personnes.

La RSE doit générer 4 types de bénéfices : la réduction des coûts, la diminution des risques, l’augmentation du chiffre d’affaires et l’amélioration de la productivité

Quels sont les enjeux et les bénéfices pour une entreprise ?

La RSE doit, pour moi, générer 4 types de bénéfices pour l’entreprise : la réduction des coûts, la diminution des risques, l’augmentation du chiffre d’affaires et l’amélioration de la productivité, à travers le « feel good factor ».

C’est important d’arriver à terme à penser à ce type de bénéfices parce qu’en RSE, on a l’habitude de dire que les coûts sont visibles et les bénéfices cachés. D’où la nécessité de faire comprendre à l’entreprise tout l’intérêt qu’elle a à déterminer sa vision du succès pour l’avenir via un plan d’actions intégrant les valeurs de la RSE.

Une étude a été menée il y a quelques années par la plateforme RSE à laquelle l’association que je dirigeais – le réseau GRANDDE – avait contribué. L’étude portait sur le lien entre RSE et performance économique. 8500 entreprises avaient été interrogées. Il en était ressorti que la performance des entreprises qui intègrent des critères RSE augmente en moyenne de 13%.

Je pondère un peu ce chiffre : on peut légitimement penser que ces entreprises sont celles qui sont en meilleure santé ou qui ont les moyens de mettre en œuvre ces politiques-là. Il n’en reste pas moins qu’un écart de 3 ou 4% de performance est généralement observable. Je l’ai moi-même constaté !

Quelle est la première étape d’une démarche RSE ?

Mener une démarche de RSE complète amène à s’interroger sur son fonctionnement, à pouvoir coucher sur une feuille tout ce qui est déjà réalisé par l’entreprise et essayer de détecter les champs qui sont non-couverts, sur lesquels l’entreprise va avoir un intérêt stratégique à s’améliorer.

Cela nécessite un travail d’analyse et de diagnostic, généralement réalisé par un organisme tiers indépendant, qui permet d’offrir une vision neuve et distanciée du fonctionnement de l’entreprise. Ce travail va permettre à l’entreprise de s’interroger d’abord sur ses parties prenantes, les liens qu’elle entretient avec elles, et quelques sujets fondamentaux, qui sont en général au nombre de 7, tels que la norme ISO 26000 les définit. On y trouve les questions environnementales ; les relations et conditions de travail ; la loyauté des pratiques ; les questions relatives au consommateur ; le lien entre l’entreprise et sa communauté locale ; les droits de l’Homme, et la gouvernance.

Une entreprise a donc intérêt à pouvoir s’interroger sur ses pratiques à travers ces 7 thèmes principaux ; identifier ses parties prenantes, faire un état des lieux de ce qui est déjà réalisé et surtout avec l’aide d’un organisme tiers, de pouvoir détecter quels sont les sujets sur lesquels elle a véritablement intérêt à s’améliorer, avant la mise en œuvre d’un plan d’actions.

 

LA RSE ne se résume pas à quelques procédures, cela doit faire sens au sein de l’entreprise

Quels leviers une entreprise peut-elle activer ?

Pour moi, engager puis réussir une démarche de RSE, cela se garantit à travers quelques leviers essentiels : cela ne se résume pas à quelques procédures, cela doit faire sens au sein de l’entreprise.  C’est envisager la RSE comme un moyen de créer de la valeur – sociale, environnementale, économique et humaine – dans un esprit de responsabilité. C’est donc de concevoir la RSE comme un levier de performance. Un préalable indispensable, selon moi, reste l’engagement non équivoque du dirigeant. Si le dirigeant ou le premier manager de l’entreprise n’est pas lui-même intrinsèquement convaincu par les bénéfices de la démarche, c’est injouable. Cela facilitera l’intégration naturelle des équipes et la déclinaison du plan d’actions au sein de l’entreprise.

Et puis c’est également l’occasion pour les dirigeants d’une entreprise d’afficher leurs propres convictions sur l’environnement, sur le volet social et sur la définition d’une bonne santé économique. Soit les trois piliers du développement durable, au cœur du processus.

 

SAVE THE DATE

« Un des enjeux fondamentaux pour une entreprise, à travers la RSE, c’est de rendre le développement durable simple et désirable. Il faut arriver à décomplexifier les choses : c’est subtil, mais c’est pratique et accessible. Ce n’est pas que l’apanage des grands comptes. »

 

Bruno Morin interviendra lors du prochain webinaire partenaires « La Normandie, c’est… la RSE », le 30 avril prochain, à 9h. Comment lever les freins, quels leviers engager, quelles aides solliciter et pourquoi, tout simplement, intégrer les principes de la RSE au sein de son activité. Si vous êtes intéressés pour participer, n’hésitez pas à nous contacter : contact@normandie-attractivite.fr

 

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