Sur le site EDF de Penly, en Seine-Maritime, la construction de deux nouveaux réacteurs de type EPR2 se prépare. Le projet, qui s’annonce comme l’un des plus gros chantiers de la prochaine décennie en Europe, promet de mobiliser des milliers des salariés dans tous les domaines : nucléaire, BTP, sécurité, transports, nettoyage… Aux côtés d’EDF, les acteurs locaux de l’emploi et de la formation se mobilisent. 

EPR2 de Penly : l’emploi et la formation, enjeux clés du chantier

Le chantier EPR2 de Penly en chiffres

La construction de l’EPR2 de Penly doit durer environ une dizaine d’années, pour une mise en service prévue à l’horizon 2035-2037. 
Plus de 8 000 salariés sont attendus sur le chantier au pic de l’activité, en 2029. 
Plus de 110 corps de métiers sont impliqués : conducteurs d’engins, coffreurs, électricien, électromécanicien soudeurs, tuyauteurs, robinetiers, etc. 
• En phase d’exploitation, l’EPR 2 de Penly emploiera environ 1 200 salariés (800 d’EDF et 400 parmi les sous-traitants). 

Le premier chantier du nouveau programme nucléaire français

Tête de série. L’EPR2 de Penly est la première paire des 6 réacteurs nucléaires nouvelle génération dont la France veut se doter pour augmenter sa production d’électricité bas carbone. Avec une puissance de 1670 MW, l’EPR2 de Penly produira annuellement l’équivalent de la consommation d’une région comme la Normandie “, estime EDF dans son rapport, présenté lors du débat public mené entre octobre 2022 et février 2023. 

Pour les implanter, le maître d’ouvrage n’a pas choisi la centrale de Penly, à quelques kilomètres de Dieppe, par hasard. Le site répondait aux critères techniques du projet, en particulier en termes de foncier disponible. Les collectivités locales, elles, se sont mobilisées, sous l’impulsion de la Région, pour l’accueillir.  “ L’expertise industrielle et nucléaire régionale, avec un écosystème structuré allant de la recherche à la production en passant par le traitement des déchets nucléaires, constitue un atout stratégique pour la phase de montage “, observe Olivier Durand, directeur délégué Grand Chantier EPR2 Penly, domaine Emplois / Formations & Concertation continue au sein d’EDF. 

La Normandie, une région clé dans la stratégie énergétique française 

En février 2022, la France présentait sa stratégie pour atteindre la neutralité carbone en 2050 : réduction de la consommation énergétique du pays sans impacter le quotidien des Français, augmentation immédiate de la production d’électricité grâce aux énergies renouvelables et à plus long terme grâce à la relance du nucléaire. En accueillant la construction de la première paire d’EPR2 de ce programme, ainsi que cinq des quinze parcs éoliens offshore amenés à se déployer sur les côtes françaises d’ici 2031, la Normandie se positionne comme un territoire clé de la stratégie énergétique française. 

Un chantier hors normes

La construction des deux réacteurs EPR2 de Penly s’annonce comme un chantier hors normes, tant par son ampleur que par ses besoins en main-d’œuvre et en infrastructures. Prévu pour durer une dizaine d’années environ, jusqu’à la mise en service des unités de production à l’horizon 2035-2037, il accueillera plus de 8 000 personnes sur le site au plus fort de l’activité, autour de 2029. 

olivier durand epr2 penly

L’objectif est d’embaucher environ 8 500 personnes localement au cours de cette période. La palette des profils recherchés est extrêmement variée, de personnes éloignées de l’emploi jusqu’à des profils d’ingénieur BAC+5 spécialisés.

Pour la phase préparatoire, jusqu’en 2028, les recrutements se concentreront principalement sur les métiers du génie civil, avec des besoins en terrassiers, conducteurs d’engins, canalisateurs et ingénieurs, puis en coffreurs-bancheurs et grutiers. Pendant la phase de montage électromécanique ensuite, plus de 110 métiers seront représentés, parmi lesquels les électriciens, électromécaniciens, soudeurs, tuyauteurs et robinetiers. 

Dans ce contexte, trois métiers ont été identifiés comme particulièrement en tension par une étude du Comité stratégique de la filière nucléaire : soudeur, mécanicien machines tournantes et chaudronnier-tuyauteur.

Tout au long du chantier, nous aurons aussi besoin d’agents de sécurité, de conducteurs de bus et de camions, de personnel de nettoyage industriel et, en dehors du chantier, de professionnels de la restauration, de l’hôtellerie ou du commerce ”, prévient le directeur délégué Grand Chantier EPR2 Penly d’EDF. 

Label Grand Chantier pour l’EPR2 de Penly

Le projet EPR2 de Penly a obtenu le label “Grand Chantier”, en 2023. Ce dispositif mobilise un large éventail d’acteurs : État, Région, Département, les collectivités locales (dont les villes concernées, Petit-Caux, Eu-Le Tréport, Dieppe), les clusters industriels, la CCI, les organisations syndicales, ainsi que France Travail et EDF. La démarche Grand Chantier vise à adapter le territoire à l’ampleur du projet, en y intégrant des aménagements spécifiques : infrastructures routières, parkings relais, hébergements, structures de formation. Elle se poursuivra tout au long du chantier, afin d’en assurer le bon déroulement. 

Une cellule emploi pour structurer les recrutements 

Pour anticiper et structurer les recrutements, EDF a mis en place une cellule emploi-formation. Une “sorte de tour de contrôle pour alimenter le chantier au fur et à mesure“, définit Olivier Durand. Placée sous la responsabilité de France Travail, elle réunit chaque semaine les acteurs locaux de l’emploi (PLIE, Mission locale, APEC, Cap Emploi, département de la Seine-Maritime, Région Normandie). Des forums de découverte des métiers et de recrutement, dédiés à l’EPR 2 de Penly, sont aussi régulièrement organisés dans différentes villes normandes ” afin de toucher le public au plus près du chantier.” 

La cellule travaille aussi sur le recrutement et la formation de personnes relevant des clauses d’insertion.
Nous y sommes très attentifs. Le chantier EPR2 doit bénéficier localement au maximum ”, estime Olivier Durand. En 2024, déjà plus de 100 demandeurs d’emploi sont entrés en formation, dont 67 % issus de publics éloignés de l’emploi et près de 50 % bénéficiaires du RSA. 

Les formations s’étoffent dans la perspective du chantier

La formation est l’autre enjeu clé pour répondre aux besoins du chantier. La Normandie dispose d’atouts majeurs en la matière, notamment grâce à l’expérience acquise avec le chantier de Flamanville 3. Ce précédent a permis de structurer un écosystème de formation efficace, réunissant la Région, les acteurs académiques et industriels, ainsi que les organismes spécialisés. Des initiatives comme la constitution d’une haute école de soudage, HEFAÏS, dans le Cotentin ou du Campus d’Excellence Normand des Energies (CEINE) illustrent aussi cette capacité à construire des formations adaptées en partenariat avec l’ensemble des acteurs de la filière “, note Olivier Durand. 

Le programme “Normandie, Nucléaire, Nouvelles compétences” (3NC), initié en Normandie en 2024, sera aussi un atout de taille pour la construction des réacteurs EPR2. Doté d’un budget de 64 millions d’€ (dont 42 M€ de dotations de l’Etat), il vient renforcer la capacité de formation de la Région dans tous les domaines liés au nucléaire. Objectif : former plus de 5 400 personnes par an d’ici 2030 avec, dès la rentrée 2025, 2 000 jeunes formés aux métiers du nucléaire via ce dispositif. ” 3NC va permettre sur la durée du projet, de mieux orienter, de densifier, d’améliorer les infrastructures de formation, voire d’en ouvrir d’autres. C’est un projet clé pour le chantier de l’EPR2 “. 

Parallèlement, EDF s’implique dans l’ouverture de nouvelles formations, notamment dans le secteur du génie civil, essentielles au projet. À Dieppe, une plateforme dédiée aux métiers du BTP a ouvert en octobre, portée par l’École des Travaux Publics de Normandie et l’AFPA. Une autre formation, consacrée à la conduite d’engins de chantier, a été mise en place sur la communauté de communes des Villes Sœurs, avec une première session de formation lancée le 30 janvier. D’autres initiatives suivront, visant à rapprocher l’offre de formation des besoins du chantier et à maximiser l’emploi local. 

Les travaux préparatoires sont lancés

Les premiers travaux sur le site de Penly ont démarré le 1er juillet 2024. Cette première phase vise à adapter le site avant le lancement du chantier principal : débroussaillage, déboisement, reprofilage de la falaise, création de la plateforme en mer et mise en place de toutes les infrastructures nécessaires au bon déroulement du chantier (accès, parkings, zones de stockage de matériels et matériaux, etc.). Elle devrait s’étendre jusqu’en 2026. Elle employait déjà, en février 2025, environ 700 personnes sur le site.  

Pratique

  • Pour connaître la date du prochain Forum de découverte des métiers et de recrutement EPR2 Penly rendez-vous sur projet-penly.edf.fr, rubrique agenda 
  • Retrouvez toutes les offres d’emplois du chantier sur le site de France Travail sous l’appellation EPR2 Seine Maritime 
  • Postulez directement en envoyant  votre CV à epr2.penly@francetravail.fr

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