
Il y a une vraie qualité de vie en Normandie
En ce début 2025, l’Opéra de Rouen fait décidément parler de lui ! Désigné “Opéra de l’année” par Radio Classique, il a accueilli les Victoires de la Musique Classique, le 5 mars. Hélène Latour est violoncelliste au sein de l’orchestre de cette institution régionale depuis 2013. Originaire de Bayonne, la musicienne de 40 ans partage avec nous son parcours, son quotidien au sein de l’Opéra et son attachement à la Normandie.
Comment êtes-vous devenue musicienne professionnelle ?

Je suis née dans le Sud-Ouest, dans une famille de musiciens. J’ai commencé le violoncelle à l’âge de 6 ans, au conservatoire de Bayonne. J’ai tout simplement choisi cet instrument parce qu’il était plus gros que celui de mon frère qui, lui, jouait du violon ! À 15 ans, j’ai intégré le Conservatoire de Bordeaux et, à 17 ans, le Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris, pour embrasser une carrière professionnelle. Je suis ensuite partie me perfectionner à l’Université de Musique de Montréal. De retour en France en 2009, j’ai commencé à faire des remplacements dans divers orchestres classiques.
Comment avez-vous connu et intégré l’Orchestre de l’Opéra de Rouen ?
Lorsque je suis rentrée à Paris, j’ai commencé à passer des concours pour intégrer un orchestre permanent. L’Opéra de Rouen recrutait, ce qui est assez rare dans notre milieu. La proximité avec Paris était pour moi un atout. La sélection, sur audition, est très stricte : un poste pour 80 candidats. J’ai passé le concours en 2012 et j’ai été retenue. J’ai commencé à jouer avec l’orchestre en janvier 2013 et je me suis installée à Rouen la même année.
Vivre dans une ville à taille humaine et pouvoir tout faire à pied : c’est un vrai confort.

Comment s’est passée votre intégration ?
Je n’avais jamais mis les pieds à Rouen avant d’y passer le concours, mais j’ai tout de suite trouvé la ville agréable. J’ai très vite apprécié la possibilité de tout faire à pied. À Paris, les déplacements sont longs et avec les aléas du métro, il y a toujours ce stress d’arriver en retard, ce qui est sanctionné lorsqu’on joue dans un orchestre. Ici, je peux être à l’Opéra en dix minutes à pied ! Rouen est aussi une ville dynamique, avec une vie culturelle et sociale riche. J’ai rapidement noué des amitiés avec d’autres musiciens de l’Orchestre, puis par capillarité, j’ai rencontré d’autres personnes.
C’est quoi la semaine type d’une violoncelliste à l’Opéra de Rouen ?
Tout dépend de la programmation. Pour une série symphonique, nous répétons deux à trois jours à raison de six heures par jour avant une répétition générale et les concerts. Lorsqu’il s’agit d’un opéra, les répétitions durent environ dix jours, d’abord avec l’orchestre seul, puis les chanteurs et enfin la mise en scène. Ensuite, nous jouons tous les deux soirs. Je pratique aussi la musique de chambre, avec d’autres musiciens de l’Orchestre. Enfin, comme l’Opéra a une mission de diffusion régionale, nous donnons aussi des concerts, tout au long de l’année, dans d’autres villes normandes. Nous jouons aussi plusieurs fois par an à Paris et parfois à l’étranger, dans le cadre de festivals.

Qu’est-ce qui vous plaît le plus à l’Opéra de Rouen ?
J’y travaille depuis douze ans et je m’y sens bien. Avec une cinquantaine de musiciens, l’orchestre reste à taille humaine, ce qui favorise l’écoute et la cohésion. J’aime aussi la diversité de la programmation : nous jouons du répertoire symphonique, de l’opéra, et des projets plus contemporains. C’est stimulant !
Trophée de l’Opéra de l’année 2024, Victoires de la Musique Classique : l’Opéra de Rouen fait parler de lui en ce moment. Comment vivez-vous cette mise en avant ?
C’est une belle reconnaissance de notre établissement, qui n’est pas toujours sur le devant de la scène nationale. Cela contribue à mieux nous faire connaître et à rappeler aux Normands qu’ils ont un opéra de qualité chez eux ! Les Victoires de la Musique étaient une première pour moi. En tant que musicienne, c’est une expérience intéressante qui offre l’occasion de jouer avec les solistes nominés, de rencontrer d’autres artistes. C’est un événement populaire, qui permet de démocratiser la musique classique et d’offrir une belle vitrine à notre travail.


01
Ma première surprise
La Cathédrale de Rouen

02
Le gros plus
L’ouverture sur la mer et la nature, qui contribuent à la qualité de vie

03
Le petit moins
Le fait d’être un peu excentré du réseau ferroviaire national. Heureusement, Paris est à 1h15 en train.

04
Mon adresse préférée
Le Café Augustin à Rouen, qui sert un très bon café et qui est à deux pas de l’Opéra !
