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Samuel et Yoann ont lancé Leizup en janvier 2021 ©Leizup

Pas si simple de déménager, même quand il s’agit de s’installer en Normandie ! Certes, le cadre de vie y est doux, mais changement de région rime souvent avec bouleversements. Éloignement familial, nouvelles habitudes… Afin de faciliter l’intégration mais aussi lutter contre l’isolement, Yoann Poher et Samuel Guillot ont lancé Leizup, une plateforme digitale 100% normande pour simplifier les rencontres. Portrait.

Expérience sensible

Comme souvent pour bon nombre d’innovations, Leizup est née de l’expérience. Ici, celle de Yoann Poher, Normand originaire de Bernay. « Il y a quelques années, après un master en communication marketing orienté dans le domaine du sport, je suis parti avec ma compagne pour mon premier emploi à Reims, dans une agence de merchandising sportif. » S’il qualifie ce premier job « de rêve », l’Eurois découvre surtout une nouvelle vie où tout semble à construire. « Lorsque l’on arrive quelque part, on repart presque de zéro : on s’éloigne de son cercle familial, amical… ce n’est pas toujours facile. » Comment dès lors reconstruire une vie sociale ? Faire des activités, des sorties, à plusieurs, simplement ? En bref, se faire de nouveaux amis ?

« La semaine, je jouais au foot avec mes collègues – on cherchait régulièrement du monde pour jouer avec nous. En revanche, nous ne connaissions personne avec qui sortir les week-ends »

De retour en Normandie après un licenciement économique, c’est à Rouen que Yoann, attiré depuis toujours par l’entrepreneuriat, explore peu à peu son idée : imaginer un outil moderne pour permettre de faire des activités et rencontrer des gens. Mais comment lancer son entreprise ? Accompagné par Normandie Incubation à travers la formation STERNE, des experts enseignent à Yoann de mars à octobre 2020 les bases essentielles de l’entrepreneuriat. Etude de marché, pitch, business model, communication, comptabilité… « c’est important d’être soutenu » reconnaît le Normand qui a également pu profiter des 5 jours pour entreprendre animés par les CCI. En parallèle, en août, un proche l’aide à coder et développer sa plateforme en freelance. En janvier 2021, la première version est terminée. Et Yoann n’est plus tout seul : il peut désormais compter sur un associé.

Une plateforme, multiples activités

Cet associé, c’est Samuel Guillot. Après un DUT informatique où il apprend les bases de la programmation et du codage, puis une école d’ingénieurs en alternance au sein de Thales pendant 3 ans, ce Cherbourgeois explore lui aussi sa fibre entrepreneuriale en lançant au début de la crise sanitaire le site « www.sauvermonbar.fr » permettant d’aider les professionnels fermés en achetant des cartes cadeaux. Forts de cette association et d’une communauté Facebook de 4000 membres Rouennais savamment constituée en amont par Yoann, les deux Normands lancent officiellement la plateforme Leizup en mars 2021.

« Certains organisateurs rivalisent d’originalité ! Par exemple, quelqu’un a initié une version d’un dîner presque parfait, un autre a organisé une vraie chasse au trésor dans Rouen »

Le principe ? Offrir un espace en ligne qui permet, en 2 minutes, à n’importe quel utilisateur de pouvoir créer ou rechercher des activités dans le but d’agrandir son cercle amical. Sorties festives, culturelles, sportives, solidaires… « Cela va du verre dans un bar ou un bowling à des maraudes, en passant par des soirées thématiques, des randonnées, du running, des jeux… » explique Yoann. Quant au fonctionnement, il est simple et requiert au préalable la création d’un profil avec photo, l’âge, une petite description et les centres d’intérêt. « Le but, c’est que chacun puisse avoir une petite idée de ce que les autres font ou aiment, avant même de se rencontrer. » Le nombre de participants ? Il dépend de l’organisateur et peut aller jusqu’à 20 selon la formule d’abonnement. « Après l’inscription, je peux proposer une sortie ou en rechercher une proposée par un autre utilisateur. Par département, puis date et si une sortie me plaît, je demande à participer à l’organisateur, qui reçoit une alerte par e-mail. »

 

 

©Leizup

Un business model à l’épreuve

Les deux amis ont pensé à tout. « Si je suis accepté à l’activité ou la sortie, je rejoins une messagerie instantanée sur Leizup qui réunit les participants et l’organisateur, afin de caler les derniers détails ». L’occasion idéale pour créer une interaction virtuelle avant la rencontre réelle. Et pour pallier les défections ou mauvaises surprises, le système propose aux participants de définir après l’activité les traits de caractère des gens qu’ils viennent de rencontrer : sportif, fêtard, créatif… « Il n’est pas question de jugement. Tous les adjectifs proposés sont positifs » souligne Samuel. Les deux associés ont également imaginé l’utilisation de critères d’âge et de sexe pour chaque activité. Sortie entre filles, ou bien entre trentenaires… « mais ils sont peu utilisés : les activités sont généralement ouvertes à tout le monde » note Yoann.

« Des gens nous disent que cela leur a permis de faire des rencontres qui n’auraient pas été possibles sinon »

Quant au business model, il repose pour l’heure sur deux systèmes. Si la version de base est gratuite, les utilisateurs peuvent également souscrire au « Leiz Pass », permettant, après un accès gratuit pendant 15 jours, l’accès à des fonctionnalités en plus pour 24 euros par an. Pas de publicité, informations supplémentaires sur les autres membres, et la possibilité de proposer des sorties jusqu’à 20 participants, contre 10 dans la version gratuite. En parallèle, Yoann et Samuel s’adressent aux professionnels de l’évènementiel et des loisirs. Bars, restaurants, bowlings, escape ou laser games… ces derniers peuvent ainsi, moyennant un abonnement mensuel, promouvoir leurs lieux et leurs événements spéciaux sur la plateforme. « On y va crescendo. L’idée, c’est qu’à long terme, aussi bien l’abonnement des partenaires que le Leiz Pass soient sources de revenus » espèrent les deux Normands qui regorgent d’idées. Création d’événements, rapprochement avec des entreprises qui recrutent, avec les collectivités… « On a un gros rôle d’intégration sur le territoire pour les nouveaux arrivants. Et l’isolement est une problématique qui s’est intensifiée ces derniers temps avec le Covid, le télétravail, etc. Beaucoup ne savent pas comment recréer du lien social, facilement, et rapidement. »

Depuis son lancement, la plateforme enregistre chaque jour de nouveaux utilisateurs et compte aujourd’hui plus de 7000 membres en France. Avec une tranche d’âge moyenne de 21 à 33 ans, et des utilisateurs de 18 à 76 ans, Leizup se veut intergénérationnel, et aussi bien outil de lutte contre l’isolement, que facilitateur d’intégration. « Que cela soit pour se créer un réseau ou élargir l’existant, on s’adresse à tous ceux qui veulent faire des rencontres au sens large du terme. » Alors, prêts à vous faire de nouveaux amis ?

En bref :

 

  • Vous pouvez suivre Leizup sur :

-Facebook : https://www.facebook.com/leizup
-Instagram : https://www.instagram.com/leizup
-Linkedin : https://www.linkedin.com/company/leizupPour l’heure, les utilisateurs sont âgés de 18 ans à 76 ans et la plateforme enregistre 90% de présence effective aux sorties/activités après inscription

  • 7000 utilisateurs en France, 2200 en Seine-Maritime / 70% des sorties dans la Métropole Rouennaise
  • Boire un verre représente 30% des sorties totales
  • Billard, bowling, restaurant, soirée discothèque, soirée à la maison, laser game, sorties sportives sont également proposés
  • Deux concurrents : l’ancestral On Va Sortir – créé en 2005 et les groupes Facebook

Parmi les utilisateurs de Leizup, Yoann et Samuel estiment que 60% sont établis depuis longtemps en Normandie et que 40% sont venus récemment s’installer pour le travail ou les études

 

Selon une étude, 1 Français sur 5 se sent toujours ou souvent seul et ¾ des personnes qui sont seules ou isolées n’osent pas en parler

 

 

 

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